sorrentino sanche

La revue Métiers d'art de vivre / décembre 2004
Entrevue et rédaction: Florence Michel

Les femmes à tiroirs

Avec un nom comme un serment. Il faut s'attendre à quelque chose de sensible, à mi-chemin entre la révélation intime et la promesse grandiose. En fait, les meubles-femmes de Nathalie Sanche et Angelo Sorrentino nous font plonger au coeur de deux vies. Elle était soudeure et rêvait de sculpture; il était dans la construction et diplômé en ébénisterie, mais il n'avait pas imaginé faire de l'art. Et puis ils se sont rencontrés. Ils ont commencé par faire des meubles d'extérieur; Angelo travaillait le bois et Nathalie faisait les charnières, les poignées. Un jour, en attendant Angelo, elle fit une toute petite femme à tiroirs. Ils se sont regardés. Il y eut un grand éclair bleu. L'idée était là.

Depuis ce thème leur colle à la peau comme le feu à la bûche.

Dévorés par l'inspiration, ils ont raflé le prix de la relève Jean-Cartier en 2003 au Salon de métiers d'art de Montréal et leur carnet de commandes ne dérougit pas. Aujourd'hui, le goût de la sculpture les taraude et des femmes de dix pieds de haut conquièrent actuellement leur jardin. Aura-t-on le temps des voir?